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Bibliothèque départementale de la Creuse

Culture et lecture près de chez vous

Deller, Alfred

Artiste lyrique (contre-ténor) et musicologue
Margate (GB)
Employé pour :
                   - Deller, Alfred George (1912-1979)
                   - Stour music festival choir
                   - Deller Choir (Ashford)
                   - [The ]Deller consort
Acis et Galatea [Enregistrement sonore] / Haendel, comp.; Deller Consort, ens. voc.; Stour music festival orchestra; Alfred Deller, dir. Harmonia mundi HM216
Oxford DNB - http://www.oxforddnb.com (2012-01-05)
Dictionnaire biographique des musiciens / Theodore Baker, Nicolas Slonimsky, 1995
Dictionnaire des interprètes / Alain Pâris, 1995
Grove 6

Wikipédia


Lorsqu’Alfred Deller s'aperçoit, au sortir de l'enfance, que, s'il perd sa voix de soprano, celle-ci garde un timbre étrangement aigu et une étonnante élasticité ; il se forge seul une technique de contreténor. Personne ne peut se charger de sa formation vocale, cette tessiture ayant disparu depuis deux siècles.
Le compositeur Michael Tippett le remarque dans les chœurs de la Cathédrale de Canterbury et lui fait faire ses débuts à Londres en 1943 dans une interprétation de Purcell où il confond public et musicologues grâce à son timbre magnifique, ses libertés prises avec le rythme et ses modulations raffinées, légères et naturelles qui contribueront grandement à repenser la musique ancienne avec intuition, instinct et spontanéité.
Alfred Deller intègre, de 1947 à 1961, les chœurs de la Cathédrale Saint-Paul de Londres, fonde le Deller Consort en 1948, et enregistre son premier disque avec Walter Bergmann en 1949. Interprète magistral et inégalé de la musique élisabéthaine et baroque, il s’intéresse aussi à la musique contemporaine. Ainsi Benjamin Britten écrit-il pour lui le rôle d’Oberon dans Le Songe d'une nuit d’été, qu’il crée en 1960.
Le luthiste Desmond Dupré et le claveciniste Harold Lester participent à ses enregistrements.
Il a contribué, en priorité, à la vocation et à la formation de nombreux contreténors, dont son fils Mark Deller. Parmi ses disciples, il faudrait encore citer, sans exhaustivité, James Bowman, René Jacobs, Henri Ledroit ou Gérard Lesne, ces grandes voix, chacune singulière, qui lui doivent tant.
Nikolaus Harnoncourt se rappelle avec admiration « l’assurance imperturbable du chanteur le plus significatif de cette musique ancienne en train d’éclore ». Gustav Leonhardt décrit avec une grande précision l'art et la manière de ce « musicien, c'est-à-dire un cran au-dessus [d’un chanteur], et qui plus est, d'un chanteur-musicien exceptionnel », débordant de vitalité et d'humour. Quant à lui, René Jacobs évoque le « chanteur-poète »... Tous s’accordent à mettre en évidence l’art intuitif de ses intonations fines, l’expressivité des sons filés, dont il refusait de privilégier la beauté pour demeurer en accord avec le texte.
Alfred Deller s’abstenait des vocalises quotidiennes, détestait les répétitions et préférait la spontanéité du concert.
Marié à Peggy Deller, il eut deux fils et une fille. Né en 1938, le premier fils, Mark Deller, devient par la suite chef d'orchestre et à ses heures perdues chanteur d'opéra. Né en 1944, le second fils, John Deller est gendarme à Londres.
En 1970, il est promu commandeur dans l’Ordre de l'Empire britannique.

Alfred Deller meurt en 1979 des suites d'une crise cardiaque dans un hôpital de Bologne.