Logo: La Creuse Conseil Général

Bibliothèque départementale de la Creuse

Culture et lecture près de chez vous

Simone, Nina

Auteur- compositrice-interprète. - Pianiste et chanteuse de jazz et de rhythm'n' blues. - Pseudonyme de : Eunice Kathleen Waymon. - A choisi son pseudonyme en hommage à la comédienne Simone Signoret
Tyron (N.C.)
Let it be me [Enregistrement sonore] / Nina Simone, chant. Just a memory JAM 9156-2
Library Congress authorities - http://authorities.loc.gov (2004-06-18)
Official music master of jazz, 1990
Monde - http://www.lemonde.fr (2003-04-22)
Ne me quittez pas : mémoires / Nina Simone, 1992
Dictionnaire du rock / Michka Assayas, 2000

Wikipédia


Jeunesse (1933-1954)


La mère d'Eunice Kathleen Waymon MSAPI|/ju.nɪs kæθ.lin weɪ.mɑn/, Mary Kate Irvin, est femme de ménage et croit profondément en Dieu. Son père, John Davan Waymon, a ouvert sa propre entreprise de nettoyage à sec et travaille à mi-temps comme coiffeur-barbier et parfois même comme chauffeur de camion pour gagner davantage d'argent. Leur vie devient suffisamment confortable pour que Kate puisse cesser de travailler et se consacrer à l'éducation de leurs quatre enfants. Dans la famille tous chantent et particulièrement son père : il est appelé le siffleur car il siffle tout le temps et peut même produire deux notes en même temps, mais sait aussi bien chanter et danser. La famille s'installe à Tryon au début de l'année 1929 et John y ouvre son pressing. Kate donne naissance à Dorothy peu de temps après.
Mais la crise de 1929 oblige Kate à travailler comme femme de ménage et son mari à accepter les tâches les plus ingrates. Il subit une intervention chirurgicale qui aggrave davantage leur situation financière, obligeant la famille à s'installer dans un des quartiers les plus pauvres de la ville. Kate s'investit totalement dans la vie de l'église méthodiste, et devient révérende
Eunice naît à Tryon en Caroline du Nord en 1933. Elle est la sixième enfant du couple qui en aura huit. Elle commence à jouer du piano dès l'âge de trois ans ; la première chanson qu'elle apprend est God Be With You, Till We Meet Again, cantique préféré de sa mère. Elle montre très tôt de grandes dispositions pour le chant et le piano qu'elle pratique à l'église et donne son premier concert, un récital classique, à douze ans. Nina Simone racontera plus tard que lors de cette performance, ses parents, qui avaient pris place au premier rang, ont dû se déplacer à l'arrière de la salle pour faire place à des blancs. Elle ajouta qu'elle avait refusé de jouer jusqu'à ce que ses parents aient repris leur place au devant de l'audience, incident ayant contribué plus tard à son implication dans le mouvement pour les droits civiques.

La jeune pianiste est remarquée par la patronne de sa mère, Mrs. Miller, qui lui conseille d'encourager ses dispositions et avec l'appui des voisins de Tryon crée un fonds pour recueillir l'argent destiné à financer sa formation. Elle propose également de payer pendant un an ses cours de piano et la présente à Muriel Massinovitch, Miss Mazzy, qui devient pour elle une seconde mère (« my white momma », « ma mère blanche »). Pendant six ans, tous les samedis matin, elle va chez miss Mazzy. Cette expérience était pour elle la découverte d'un nouveau monde. Elle déclara plus tard que lorsqu'elle y découvrit la musique de Jean-Sebastien Bach, elle « faillit s'évanouir tellement c'était beau ». À cette époque, elle joue plus de trois heures de piano par jour.
Elle continue de travailler durement afin de devenir la « première concertiste classique noire en Amérique ». Dans ses mémoires, Nina Simone attribue cette phrase à sa mère. Miss Mazzy annonce qu'elle n'avait plus rien à apprendre à l'enfant, alors âgée de 12 ans. Pour que son élève puisse développer ses talents, elle propose le lycée Allen, un pensionnat pour enfants noirs surdoués situé à 80 kilomètres de Tryon. Elle y reste en pension complète sous surveillance et discipline strictes. Elle y entre en date-|septembre 1945 et en sort major de sa promotion en date-|juin 1950.
Miss Mazzy pense que seule la formation à l'Institut Curtis, un prestigieux institut de musique de Philadelphie, peut permettre à son élève de devenir la première concertiste classique noire en Amérique. Pour passer l'examen d'entrée, il est nécessaire d'effectuer une préparation à la Juilliard School of Music de New York. Grâce au soutien financier des personnes qui croient en ses capacités, Nina Simone s'installe à New York pour étudier et se prépare à l'épreuve entre le date-|3 juillet et le date-|11 août 1950. Elle est la seule élève noire de sa promotion.
Elle n'est pas reçue. Sa déception est très grande car elle croit que ce refus est directement lié au fait qu'elle soit noire refnec|(bien que, plus tard, l'Institut se défend disant que plusieurs noirs y avaient déjà été reçus et formés avec succès, l'obstacle ayant été plutôt le très grand nombre de candidats pour à peine quelques places). Sa mère lui trouve une place d'employée chez un photographe à Philadelphie et avec le peu d'argent qui reste elle suit quelques semaines de cours avec Vladimir Sokhaloff qui aurait dû être son professeur au Curtis Institute.

Premiers succès (1954-1959)


Elle quitte peu de temps après son travail chez le photographe pour jouer comme pianiste-accompagnatrice chez une professeure de chant nommée Arlene Smith, afin d'accompagner ses élèves. Au bout d'un an, elle décide de s'installer à son compte, emmenant une partie des élèves de son ancienne employeuse. Cette période de sa vie est très dure, mais lui permet d'être indépendante et de continuer à payer ses cours avec le professeur Sokhaloff.
Pour financer ses leçons privées, elle effectue des représentations au Midtown Bar & Grill à Atlantic City, jouant uniquement du piano ; mais le propriétaire l'oblige à chanter également, menaçant de la renvoyer si elle refuse. Elle choisit le nom de scène « Nina Simone » en 1954, pour cacher cette activité à ses parents. Le mot Nina, du mot castillan niña, qui signifie « petite fille » en espagnol, est le surnom que lui avait donné un petit ami et Simone est emprunté à l'actrice Simone Signoret qu'elle a vue dans le film Casque d'or de Jacques Becker. Nina Simone impose son style peu à peu. Le mélange de jazz, de blues et de musique classique qu'elle réalise au Midtown, lui permet d'obtenir un groupe d'admirateurs fidèles. En fin de saison, elle retourne à Philadelphie pour poursuivre ses précédentes activités.
Pendant la saison estivale qu'elle effectue en 1955 au Midtown Bar & Grill, elle rencontre Tex Axelrod, un passionné de musique qui lui fait découvrir les différents types de musique et lui suggère de chanter I Loves You, Porgy de George Gershwin (à partir de Porgy and Bess), qu'elle insiste à prononcer "I souligner|love you, Porgy" afin de ne pas reproduire le "petit nègre" dénigrant attendu par le public blanc. À la suite de cette saison, elle annonce à ses élèves qu'elle souhaite tenter sa chance dans les clubs de Philadelphie. Elle passe son temps entre les cours chez Sokhaloff et ses engagements. Elle avoue à ses parents d'où vient l'argent qu'elle leur envoie tous les mois. Cette révélation coupe alors les derniers liens avec sa mère qui considère cette musique comme « la musique du diable ».
Nina Simone fait une troisième saison au Midtown Bar & Grill où le propriétaire l'attend avec impatience, car elle lui permet d'afficher complet tous les soirs. Elle y rencontre Don Ross, un fêtard sans ambition, mais qui fut sans doute son premier réel amoureux.
Un agent artistique new-yorkais, Jerry Fields, impressionné par ses interprétations, lui propose un contrat mais en demande l'exclusivité. Elle accepte et reçoit ensuite des offres d'engagements dans plusieurs clubs. Dans un de ces clubs, elle rencontre le guitariste Alvin Schackman et signe un premier contrat avec Syd Nathan, dirigeant du label King Records. Elle enregistre un premier disque de quatorze titres en une seule journée.
Après ses passages dans les petits clubs, elle enregistre en 1957 une interprétation de I Loves You, Porgy de George Gershwin (tiré de l'opéra Porgy and Bess), qu'elle a appris à partir d'un album de Billie Holiday et interprété pour un ami. Le titre devient son unique succès au top 40 du Billboard aux États-Unis et son premier album Little Girl Blue a suivi peu après sur le label Bethlehem.
Arrivée à New York en 1958, elle se produit non pas à Harlem mais dans des clubs à la mode de Greenwich Village, où il existait une certaine mixité raciale. Son répertoire est éclectique, entre jazz, folk, classique, morceaux issues de comédies musicales et chants africains.
Nina Simone perd plus d'un million de dollars de droits d'auteur (principalement en raison du succès de la réédition de My Baby Just Cares for Me dans les années 1980) et ne tire jamais aucun avantage financier de l'album, parce qu'elle en a vendu les droits pour 3000 $.

Début de popularité (1959-1964)


Après le succès de Little Girl Blue, Nina Simone signe un contrat avec la grande maison de disques Colpix Records, suivi par une série d'albums studio et live. Colpix renonce dans le contrat au contrôle de l'aspect créatif, y compris au choix du contenu à enregistrer, en échange de quoi Nina Simone doit s'engager par contrat avec cette société. La chanteuse, qui à cette période joue de la musique populaire afin de se faire de l'argent pour poursuivre ses études de musique classique, est audacieuse en ce qui concerne son exigence de contrôle par elle-même de sa musique, puisqu'il lui est indifférent d'obtenir ou non un contrat d'enregistrement. Elle garde cette attitude envers l'industrie du disque durant la majeure partie de sa carrière.
Après avoir été mariée brièvement à un client blanc du bar d'Atlantic City, elle épouse en 1961 un détective de la police de New York nommé Andrew Stroud, plus tard son manager. Leur fille Lisa Celeste Stroud naît le date-|12 septembre 1962. Ils vivent dans une grande maison de Westchester, employant une bonne et un jardinier.
Le date-|12 avril 1963, elle chante au Carnegie Hall, le jour où Martin Luther King est arrêté à Birmingham (Alabama). Discutant avec ses amies de Marx ou de Lénine, elle affermit sa conscience politique. Elle se produit en juin de la même année au bénéfice de la National Association for the Advancement of Colored People et en août chante dans le stade d'une université noire dans ce qui est considéré comme le premier concert multiracial de cet État. Elle suit à la télévision la marche sur Washington pour l'emploi et la liberté, où Martin Luther King prononce « I have a dream ».

Période des droits civiques (1964-1974)


En 1964, elle quitte son distributeur de disques américain Colpix pour le néerlandais Philips, ce qui entraîne un changement sur le contenu de ses enregistrements. Elle a jusque-là toujours inclus à son répertoire des chansons qui suggèrent ses origines afro-américaines, comme les morceaux Brown Baby et Zungo sur l'album Nina at the Village Gate en 1962. Mais sur son premier album pour Philips en 1964 - un enregistrement en public nommé Nina Simone In Concert -, pour la première fois elle aborde ouvertement l'inégalité raciale qui est très répandue à cette période aux États-Unis avec la chanson Mississippi Goddam, qui est sa réponse à l'assassinat de Medgar Evers et à un attentat dans une église à Birmingham en Alabama ayant tué quatre enfants noirs. La chanson paraît en single et est boycottée dans certains états du sud. Avec la chanson Old Jim Crow sur le même album, elle réagit aux lois Jim Crow. En 1964, lors d'un concert au Carnegie Hall, devant un public majoritairement blanc, elle lance : « Vous tomberez tous comme des mouches » (paroles de Mississippi Goddam qu'elle édulcorera plus tard en « Nous tomberons tous »).

À partir de cet album, les enregistrements de Nina Simone intègrent un message pour les droits civiques, déjà présent dans ses interprétations en public. Elle joue et prend la parole lors de nombreuses grandes réunions publiques sur les droits civils, comme à la Marche de Selma à Montgomery en 1965. Nina Simone soutient la révolution par la violence durant la période pour les droits civiques, par opposition à l'approche de non-violence recommandée par le pasteur Martin Luther King et espère que les Afro-Américains pourront par la lutte armée former un État distinct. Elle interprète la chanson Strange Fruit de Billie Holiday sur l'album Pastel Blues en 1965, une chanson sur le lynchage d'hommes noirs dans le Sud et chante le poème Images de Waring Cuney sur Let It All Out (1966), à propos de l'absence de fierté de la femme afro-américaine. Simone écrit également une chanson nommée Four Women qu'elle chante sur l'album Wild Is the Wind (1966), une chanson sur quatre différents stéréotypes de femmes afro-américaines. Cette chanson est interdite sur de nombreuses radios car elle est considérée comme politiquement provocatrice.
Même à l'apogée de sa carrière, ses titres figurent rarement en haut des classements. Toutefois, ses concerts sont très remplis. En 1966, le critique du quotidien afro-américain Philadelphia Tribune écrit qu'entendre chanter Nina Simone c'est Citation|entrer en contact rugueux avec le cœur noir et ressentir la puissance et la beauté qui palpitent depuis des siècles.
En 1967, elle quitte Philips pour rejoindre RCA Victor. Elle chante Backlash Blues écrite par son ami Langston Hughes sur son premier album RCA, Nina Simone Sings the Blues (1967). Sur l'album Silk & Soul (1967), elle enregistre le titre I Wish I Knew How It Would Feel to Be Free composé par le pianiste Billy Taylor et Turning Point. L'album Nuff Said contient des chansons enregistrées le date-|7 avril 1968 en public dans la salle de spectacle du Westbury Music Fair à New York, trois jours après l'assassinat de Martin Luther King. Elle lui dédie tout le spectacle et chante Why? (The King of Love Is Dead), une chanson écrite par son bassiste Eugene Taylor, peu après l'annonce de la mort du pasteur.
En collaboration avec le compositeur Weldon Irvine, elle transpose en chanson pour les droits civiques la pièce inachevée intitulée To Be Young, Gifted and Black de la dramaturge américaine Lorraine Hansberry, une amie avec qui elle reconnaît avoir développé sa conscience sociale et politique. Elle chante la chanson en public sur l'album Black Gold (1970). Un enregistrement studio paraît en single et la chanson est reprise par Aretha Franklin sur l'album Young, Gifted and Black sorti en 1972 avec Donny Hathaway.
En 1969, à New York, au cours du Harlem Cultural Festival, le 17 août, elle lance au public : Citation|Vous êtes prêts à démolir le monde blanc, à incendier les bâtiments ? Vous êtes prêts ? Vous êtes prêts à construire un monde noir ? ("Are you ready...").

Fin de carrière (1974-2003)


Considérée comme une diva capricieuse et ingérable, fâchée avec tout le monde, avec le fisc américain en particulier, elle quitte, seule, les États-Unis en date-|septembre 1970 pour la Barbade ; elle compte sur son mari et manager Andrew Stroud pour lui indiquer quand elle devra reprendre la scène. Celui-ci interprète cependant cette disparition soudaine de Nina Simone (qui a laissé derrière elle son alliance) comme l'indication d'un désir de divorce (elle a noté qu'il la battait dans ses carnets et dans des lettres des années 1960 publiées en 2010 dans The Believer). En tant que manager, Andrew Stroud est aussi chargé des revenus de Nina Simone. De ce fait, après leur séparation, Nina Simone ne sait pas précisément de quelle façon ses activités ont été gérées. À son retour aux États-Unis, elle apprend qu'elle est recherchée pour des impôts impayés, ce qui l'oblige à retourner à la Barbade pour se soustraire aux poursuites. Elle va séjourner quelque temps dans ce pays, y entretenant une longue liaison avec le premier ministre, Errol Barrow.
La chanteuse Miriam Makeba, une amie proche, la convainc ensuite d'aller au Liberia où elle va demeurer deux ans, à partir de 1974, avec sa fille de 12 ans sans s'y produire ou presque.
Alors que le pop rock est à la mode, ce n'est plus le cas de la folk et du jazz. Par ailleurs, n'ayant plus son mari et manager avec elle, elle se trouve privée de son aide, il lui interdisait notamment de boire avant de monter en scène. Elle continue à pouvoir gagner sa vie avec ses prestations mais écrit plus tard à propos de cette période : Citation|Andy était parti et le mouvement m'avait aussi laissé tomber, j'étais paumée comme une écolière séduite et abandonnée..

Au cours de l'année 1974, Simone enregistre son dernier album pour RCA Records intitulé It Is Finished, et n'enregistre pas d'autre album avant 1978, lorsque Creed Taylor, patron de CTI Records, la persuade de retourner en studio d'enregistrement. Il en résulte son unique album pour ce label, Baltimore, qui n'est pas un succès commercial et les critiques sont mitigées.
Son choix sur le contenu des albums conserve son éclectisme, allant des chansons spirituelles à Rich Girl du duo pop américain Hall and Oates sur l'album Baltimore. En 1978 également, elle est arrêtée puis rapidement relâchée, pour avoir refusé de payer ses impôts de 1970 à 1973, en protestation contre l’engagement de son pays dans la guerre du Viêt Nam.
Elle vit ensuite, en Suisse et aux Pays-Bas, puis en 1992 s'installe en France.

À Paris


Nina Simone séjourne à Paris entre 1981 et 1983 : elle y donne quelques représentations à caractère « intime » dans des petites salles du Quartier Latin (Les Trois Mailletz) et de l'Île Saint-Louis ainsi qu'au Palais des Glaces (Rue du faubourg du Temple), au New Morning, mais le public n'est pas au rendez-vous, à cause du manque d'une promotion adéquate. Sur scène, les soirs où elle accepte de chanter, elle est accompagnée par les trois musiciens avec lesquels elle vient d'enregistrer l'un de ses derniers grands albums originaux : Sydney Thiam (percussions africaines), Sylvain Marc (basse) et Paco Séry (batterie). Elle réside alors dans un trois-pièces de la Villa Montsouris, en face du parc du même nom.
En date-|janvier 1982, Simone enregistre, aux studios Davout l'album Fodder on My Wings pour le label français « Carrère ».
Au cours des années 1980, Simone a l'occasion de se produire régulièrement au célèbre club de jazz londonien Ronnie Scott's, où elle enregistre en 1984 l'album Live at Ronnie Scott. En 1987, la renaissance du label Verve lui permet d'enregistrer un album en public (Let It Be Me) et de revenir sur le devant de la scène. De plus, la version originale du titre My Baby Just Cares for Me datant de 1958 est utilisée dans une publicité sortie au Royaume-Uni pour le parfum numéro avec majuscule|5 de Chanel. Cela conduit à sa réédition, la plaçant à la 5e|position dans le classement des singles au Royaume-Uni et lui offrant une brève et soudaine popularité.
En 1986, elle est hospitalisée avec camisole de force. Victime du racisme pendant son enfance et de violences conjugales après son mariage, se rebellant contre les violences policières comme celle du Ku Klux Klan, elle reconnaît aimer la violence physique qui s'exprime lors de crises caractéristiques du trouble bipolaire qui l'a habitée toute sa vie et qui sera diagnostiqué sur le tard.

Dernières prestations


L'autobiographie de Nina Simone intitulée I Put a Spell on You paraît en 1992 et elle enregistre son dernier album A Single Woman l'année suivante. La même année, elle offre une version de Ne me quitte pas de Jacques Brel au festival international de jazz de Montréal.
En 1993, Simone s'installe près d'Aix-en-Provence à Bouc-Bel-Air dans le sud de la France. En 1998, elle est l'invitée spéciale de l'anniversaire de Nelson Mandela. En 1995 elle incendie sa maison, tire au pistolet d'alarme sur un adolescent qui faisait trop de bruit dans une cour voisine, croyant répondre à des insultes racistes, et le blesse à la jambe. Les huit mois de prison auxquels elle est condamnée sont finalement mués en sursis.
En 1999, elle est récompensée pour l'ensemble de sa carrière au music award à Dublin. Elle reçoit en 2000 le prix de Diamond Award for Excellence in Music de l'association de la musique afro-américaine de Philadelphie.
Parmi ses dernières apparitions sur scène, en date-|avril 2000, elle joue à São Paulo (Brésil), en août suivant, au festival Jazz in Marciac (Gers, France), et le 29 date-|juin 2002, à Sopot (Pologne), qui est son ultime performance en public. En date-|juillet 2001, dans un concert à Seattle, elle critique George W. Bush, poussant le public à Citation|faire quelque chose contre ce type alors qu'elle chante Mississippi Goddam. Elle ne revient plus aux États-Unis, qu'elle surnomme « United Snakes of America » (« snakes » signifiant « serpents »).
Elle n'apprécie guère le rap, estimant qu'il pousse les Noirs à reporter leur colère sur les femmes : Citation|Il faisait croire aux gens que les femmes étaient des êtres de seconde zone, les traitait de salopes et des trucs comme ça. En 1996, la rappeuse Lauryn Hill chante cependant à un homme : Citation bloc|Pendant que tu te prendras pour Al Capone, je serai Nina Simone et je chierai sur ton micro.

Décès


Après plusieurs mois de maladie, elle meurt le date-|21 avril 2003 d'un cancer du sein, dont elle souffre depuis des années, à son tout nouveau domicile de Carry-le-Rouet dans les Bouches-du-Rhône (elle s'était installée à Bouc-Bel-Air auparavant, où elle vivait depuis huit ans). De nombreux artistes sont présents à ses funérailles dont les chanteuses Miriam Makeba et Patti LaBelle, la poétesse Sonia Sanchez, l'acteur Ossie Davis et des centaines d'autres. Ses cendres sont dispersées selon ses souhaits dans plusieurs pays africains.
Elle laisse derrière elle une fille, Lisa Celeste, devenue actrice et chanteuse, qui a pris comme nom de scène Simone et qui a notamment joué à Broadway dans Aida en 2002.