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Bibliothèque départementale de la Creuse

Culture et lecture près de chez vous

Camus, Albert

Romancier, dramaturge et essayiste
Mondovi (Algérie)
                   - Cahen, Roland (1958-....). [Pluies à New York]
Caligula [suivi de] Le Malentendu / Albert Camus, 1989
GDEL
Beaumarchais
Dictionnaire des intellectuels français : les personnes, les lieux, les moments / sous la dir. de Jacques Julliard et Michel Winock, 2002
BN Cat. gén. suppl.
BN Cat. gén. 1960-1969
Maitron
Des chemins et des hommes : la France en Algérie (1830-1962) / Anne-Marie Briat, Jeanine de la Hogue, André Appel, [et al.], 1995
The Oxford companion to French literature / compiled and edited by Sir Paul Harvey and J.E. Heseltine, 1959
Dictionnaire de la politique française / publié sous la dir. de Henry Coston, 1967-1982
Histoire de la littérature de langue française : des années 1930 aux années 1980 / Pierre de Boisdeffre, 1985
Ecrivains d'aujourd'hui, 1940-1960 : dictionnaire anthologique et critique / établi sous la dir. de Bernard Pingaud, 1960

Wikipédia


Origines et enfance



Lucien Auguste Camus, père d'Albert, est né le date-|28 novembre 1885 à Ouled Fayet dans le département d'Alger, en Algérie. Il descend des premiers arrivants français dans cette colonie annexée à la France en 1834, et départementalisée en 1848. Un arrière-grand-père, Claude Camus, né en 1809, venait du Bordelais, un autre arrière-grand-père, Mathieu Just Cormery, d'Ardèche et sa femme de Veymerange en Lorraine, mais la famille se croit d'origine alsaciennesfn|gr=S|Grenier, 1982|p=9sfn|gr=S|Todd, 1996|p=16. Lucien Camus travaille comme caviste dans un domaine viticole dans le hameau de Saint-Paul (aujourd'hui Chebaïta Mokhtar), nommé « le Chapeau du gendarme ». Celui-ci se trouve à 8 km de Mondovi, en langue arabe Dréan, à quelques kilomètres de Bône (Annaba) dans le département de Constantine. Les caves appartiennent à un négociant de vin d'Alger. Lucien épouse le date-|13 novembre 1909 à Alger (acte de mariage numéro|932) Catherine Hélène Sintès, née à Birkhadem le date-|5 novembre 1882, dont la famille est originaire de Minorque en Espagne. En 1910, naît à Alger leur fils aîné Lucien Jean Étienne et, en date-|novembre 1913, leur second fils, Albert. Lucien Auguste Camus est mobilisé comme 2e|classe dans le 1er|régiment de zouaves en date-|septembre 1914. Atteint à la tête par un éclat d'obus qui l'a rendu aveugle, il est évacué sur l'école du Sacré-Cœur, de Saint-Brieuc, transformée en hôpital auxiliaire, et il meurt, moins d'une semaine après, le date-|11 octobre 1914sfn|gr=S|Grenier, 1987|p=13, à 28 ans. Orphelins de père pour fait de guerre, les deux frères sont faits pupilles de la Nation.
De son père, Camus ne connaîtra que quelques photographies et une anecdote significative : son dégoût devant le spectacle d'une exécution capitale.

" Je me suis souvenu dans ces moments d'une histoire que maman me racontait à propos de mon père. Je ne l'avais pas connu. Tout ce que je connaissais de précis sur cet homme, c'était peut-être ce que m'en disait alors maman : il était allé voir exécuter un assassin. Il était malade à l'idée d'y aller. Il l'avait fait cependant et au retour avait vomi une partie de la matinée.}}
Sa mère, en partie sourde, ne sait ni lire ni écrire : elle ne comprend un interlocuteur qu'en lisant sur ses lèvressfn"

. Avant même le départ de son mari à l'armée, elle s'était installée avec ses enfants chez sa mère et ses deux frères (Étienne {{incise|sourd-muet, qui travaille comme tonnelier et Joseph), rue de Lyon à Belcourt, un quartier populaire d'Algersfn|gr=S|Grenier, 1982|p=17. Elle y connaît une brève liaison à laquelle s'oppose son frère Étiennesfn|gr=S|Grenier, 1982|p=18sfn|gr=S|Todd, 1996|p=24.
Albert Camus est influencé par son oncle, Gustave Acault, chez qui il effectue de longs séjours. Anarchiste, Acault est aussi voltairien. De plus, il fréquente les loges des francs-maçons. Boucher de métier, c'est un homme cultivé. Il aide son neveu à subvenir à ses besoins et lui fournit une bibliothèque riche et éclectiquesfn|gr=S|Todd, 1996.

Formation


Albert Camus fait ses études à Alger. À l'école communale, il est remarqué alors qu'il n'a que 10 ans, en 1923, par son instituteur, Louis Germain, qui lui donne des leçons gratuites et l'inscrit en 1924 sur la liste des candidats aux bourses, malgré la défiance de sa grand-mère qui souhaitait qu'il gagnât sa vie au plus tôt. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, où est mort le père du futur écrivain, Louis Germain lit à ses élèves Les Croix de bois de Roland Dorgelès, dont les extraits émeuvent beaucoup le petit Albert, qui y découvre l'horreur de la guerresfn|gr=S|Onfray, 2012|p=41-42. Camus gardera une grande reconnaissance à Louis Germain et lui dédiera son discours de prix Nobel. Reçu au lycée Bugeaud (désormais lycée Émir Abdelkader), Albert Camus y est demi-pensionnaire. Citation|J'avais honte de ma pauvreté et de ma famille […] Auparavant, tout le monde était comme moi et la pauvreté me paraissait l'air même de ce monde. Au lycée, je connus la comparaison, se souviendra-t-ilsfn|gr=S|Grenier, 1982|p=20sfn|gr=S|Todd, 1996|p=37.
Il commence à cette époque à pratiquer le football et se fait une réputation de gardien de but. Après avoir été reçu à la première partie de son baccalauréat, il entre en classe de philosophie à l'automne 1930, et il doit faire un bref séjour à l'hôpital Mustapha. Il évoquera cette expérience dans son premier essai d'écriture, L’Hôpital du quartier pauvre qui remonte vraisemblablement à 1933sfn|gr=S|Vircondelet, 2010|p=101. En 1932 ou 1933, selon Max-Pol Fouchet qui est dans ces années son ami avec Louis Bénisti, Jean de Maisonseul, Claude de Fréminville et Louis Miquel, il écrit également un essai, Beriha ou le rêveur et devient secrétaire de la section algérienne du Mouvement Amsterdam-Pleyel. C'est la fin de sa passion pour le football, et il ne peut plus qu'étudier à temps partiel. Son oncle et sa tante Acault, qui tiennent une boucherie dans la rue Michelet (actuellement rue Didouche-Mourad), l'hébergent ensuite, rue du Languedoc, où il peut disposer d'une chambre. Camus est alors encouragé dans sa vocation d'écrivain par son professeur de philosophie, Jean Grenier incise|qui lui fera découvrir Nietzsche|stop. Il restera toujours fidèle au milieu ouvrier et pauvre qui a été longtemps le sien, et son œuvre accorde une réelle place aux travailleurs et à leurs tourments. Il obtiendra son diplôme d’études supérieures en Lettres, section philosophie, en 1936, en présentant un mémoire portant sur les pensées de Plotin et Augustin d'Hippone.

Débuts journalistiques et littéraires



En date-|juin 1934, il épouse Simone Hié (1914-1970), starlette algéroise enlevée à son ami Max-Pol Fouchetsfn|gr=S|Onfray, 2012|p=73. Toxicomane, elle le trompe souvent et leur mariage s'effrite rapidementsfn|gr=S|Vircondelet, 2010|p=123.
En 1935, il adhère au Parti communiste algérien (PCA) sur le conseil de Jean Grenier.
La même année, il commence l'écriture de L'Envers et l'Endroit, qui sera publié deux ans plus tard par Edmond Charlot dans la librairie duquel se retrouvent les jeunes écrivains algérois, tel Max-Pol Fouchet. Camus fonde et dirige, sous l'égide du PCA, le « Théâtre du Travail ». À la rentrée qui suit cette rupture définitive, ne pouvant se résoudre à un théâtre strictement engagé qui ne porte pas la liberté de l'artiste, il crée, avec les amis qui l'ont suivi, le « Théâtre de l'Équipe », avec l'ambition de faire un théâtre populairesfn|gr=S|Guérin, 1986|p=147-148.
La première pièce jouée est une adaptation de la nouvelle Le Temps du mépris (1935) d'André Malraux, dont les répétitions lui donnent l'occasion de nouer une amitié avec Emmanuel Roblès. Il entre au journal créé par Pascal Pia, Alger Républicain, organe du Front populaire, où il devient rédacteur en chef, puis au journal Le Soir républicain (lorsque la publication d'Alger républicain sera suspendue. Son enquête Misère de la Kabylie (date-|juin 1939) aura un écho retentissant. Invité peu après à une projection privée du film Sierra de Teruel que Malraux avait tiré de son roman L'Espoir, Camus lui dit avoir lu L'Espoir huit fois. Cette période le voit nourrir une riche réflexion sur la liberté de la presse et la déontologie du journalisme, par une pratique quotidienne dans le journal qu'il dirige, Le Soir républicain.
En 1940, le Gouvernement général de l'Algérie interdit le journal Le Soir républicain. Ils s'installent à Paris où il travaille comme secrétaire de rédaction à Paris-Soir sous l'égide de Pascal Pia » et il en recommande la publication. Le livre paraît le date-|15 juin 1942, en même temps que l'essai Le Mythe de Sisyphe (1942), dans lequel Camus expose sa philosophie. Selon sa propre classification, ces œuvres appartiennent au cycle de l'absurde — cycle qu'il complétera par les pièces de théâtre Le Malentendu et Caligula (1944). Il est à noter qu'Albert Camus, venu soigner sa tuberculose dans le village du Chambon-sur-Lignon en 1942-1943, a pu y observer la résistance non violente à l'Holocauste mise en œuvre par la population. Il y écrit Le Malentendu, y trouvant des éléments d'inspiration pour son roman La Peste auquel il travaille sur place.
En 1943, il devient lecteur chez Gallimard et prend la direction de Combat lorsque Pascal Pia est appelé à d'autres fonctions dans la Résistance. Le journal se revendique comme la "voix de la France nouvelle" et Camus ne souhaite pas qu'il soit associé à un quelconque parti politique. En 1944, il rencontre André Gide et un peu plus tard Jean-Paul Sartre, avec qui il se lie d'amitié ; la même année (date-|19 mars) il anime la première représentation de la pièce de Picasso : Le Désir attrapé par la queue, cette scène est racontée avec humour par Claude Simon dans Le Jardin des plantes. Le date-|8 août 1945, il est le seul intellectuel occidental à dénoncer l'usage de la bombe atomique, deux jours après le bombardement d'Hiroshima, dans un éditorial resté célèbre publié par Combat.
En 1945, à l'initiative de François Mauriac, il signe une pétition demandant au général de Gaulle la grâce de Robert Brasillach, personnalité intellectuelle connue pour son activité collaborationniste pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1946, Camus se lie d'amitié avec René Char, poète et résistant français. Il part la même année aux États-Unis et, de retour en France, il publie une série d'articles contre l'expansionnisme soviétique — qui deviendra manifeste en 1948, avec le coup de Prague et l'anathème lancé contre Tito.
En 1947, c'est le succès littéraire avec le roman La Peste, suivi deux ans plus tard, en 1949, par la pièce de théâtre Les Justes.

Engagement politique et littéraire


Position contre le communisme


Méfiant à l'égard des idéologies, "dès 1945, Camus écartait toute idée de révolution définitive et soulignait les risques de déviation révolutionnaire." En date-|octobre 1951, la publication de L'Homme révolté efface toute ambiguïté sur ses positions à l'égard du régime communiste. Selon l'essayiste Denis Salas, Camus reste "un homme de la gauche modérée" qui se positionne à distance de la gauche communiste et de la droite libérale de Raymond Aron.
Ces positions provoquent de violentes polémiques et Camus est attaqué par ses amis. La rupture avec Jean-Paul Sartre a lieu en 1952, après la publication dans Les Temps modernes de l'article de Francis Jeanson qui reproche à la révolte de Camus d'être « délibérément statique ». Il rompt également avec le poète algérien Jean Sénac, qu'il traite de « petit égorgeur » en raison de son engagement dans l'insurrection algérienne. En outre, il proteste contre la répression sanglante des révoltes de Berlin-Est (date-|juin 1953) et contre l'intervention soviétique à Budapest (octobre-novembre 1956).
Seuls le soutiennent René Char, Louis Guillou, Jules Roy, Hannah Arendt. Simone de Beauvoir s'inspire de Camus pour l'un des personnages principaux de son roman à clés Les Mandarins, Camus accuse le coup : "les actes douteux de la vie de Sartre me sont généreusement collés sur le dos".
Il s'engage activement en faveur d'une citoyenneté mondiale.
En 1954, Camus s'installe dans son appartement parisien du nobr|4 rue de Chanaleillessfn|gr=S|Onfray, 2012|p=75. Dans le même immeuble et durant la même période, habite René Char.
En 1956, il publie La Chute, livre pessimiste dans lequel il s'en prend à l'existentialisme sans pour autant s'épargner lui-même.

À cette époque, il édite également la publication posthume des œuvres de la philosophe Simone Weil. Camus se considère son "ami posthume", à tel point qu'il garde une photo de Weil sur son bureau. Camus fit publier ces œuvres dans la série "Espoir", qu'il fonda avec l'éditeur Gallimard, considérant le message de Weil comme un antidote au nihilisme contemporain.

La guerre d'Algérie et le prix Nobel


La même année, il lance à Alger L'Appel pour une Trêve Civile, tandis qu'au dehors sont proférées à son encontre des menaces de mort. Son plaidoyer pacifique pour une solution équitable du conflit est alors très mal compris, ce qui lui vaudra de rester méconnu de son vivant par ses compatriotes pieds-noirs en Algérie puis, après l'indépendance, par les Algériens qui lui ont reproché de ne pas avoir milité pour cette indépendance. Haï par les défenseurs du colonialisme français, il sera forcé de partir d'Alger sous protection.
Le date-|16 octobre 1957, le prix Nobel de littérature lui est décerné. Interrogé à Stockholm, par un étudiant originaire d'Algérie, sur le caractère juste de la lutte pour l'indépendance menée par le FLN en dépit des attentats frappant les civils, il répond, selon Dominique Birman, correspondant du Monde qui assiste à la scène : Citation|J’ai toujours condamné la terreur. Je dois condamner aussi un terrorisme qui s’exerce aveuglément, dans les rues d’Alger par exemple, et qui un jour peut frapper ma mère ou ma famille. Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice. Le traducteur C.G. Bjurström rapporte beaucoup plus tard une version un peu différente : "En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d’Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ces tramways. Si c’est cela la justice, je préfère ma mère."
Souvent déformée en "Entre la justice et ma mère, je choisis ma mère", cette réponse lui sera reprochée. Elle s'insère pourtant de façon cohérente dans l'œuvre de Camus, qui a toujours rejeté l'idée selon laquelle « tous les moyens sont bons » : c’est tout le sujet développé, par exemple, dans Les Justes.
Préférant une formule d'association, Albert Camus a été contre l'indépendance de l'Algérie et a écrit en 1958, dans la dernière de ses Chroniques algériennes que Citation|l'indépendance nationale [de l'Algérie] est une formule purement passionnelle. Il dénonce tout autant l'injustice faite aux musulmans que la caricature du « pied-noir exploiteur ». Camus souhaite ainsi la fin du système colonial mais avec une Algérie toujours française, proposition qui a pu paraître contradictoire.
Une partie de la presse littéraire française, de gauche comme de droite, critique ses positions sur la guerre d'Algérie, la simplicité de son style et considère son prix comme un monument funéraire. Cette reconnaissance devient alors un fardeau. Blessé par ses détracteurs, notamment son ancien compagnon de route Pascal Pia, en proie au doute, il écrit désormais peusfn|gr=S|Rey, 2006|p=85-86.
Parallèlement, il s'engage dans la défense du droit à l'objection de conscience, entre autres, en parrainant le comité créé par Louis Lecoin, aux côtés d'André Breton, Jean Cocteau, Jean Giono et l'abbé Pierre. Ce comité obtient un statut, restreint, en date-|décembre 1963, pour les objecteurs. En revanche, il refuse de s'associer à l'appel de plusieurs écrivains (Jean-Paul Sartre, François Mauriac, André Malraux, Roger Martin du Gard) demandant la levée de l'interdiction du livre La Question consacré à l'usage de la torture en Algérie.
Sur l'Algérie, il a déclaré : Citation bloc|J'ai aimé avec passion cette terre où je suis né, j'y ai puisé tout ce que je suis et je n'ai séparé dans mon amitié aucun des hommes qui y vivent…
Le chèque afférent au Nobel lui permet de s'acheter en 1958 une maison à Lourmarin, village du Luberon dans le Vaucluse. Il retrouve dans cette ancienne magnanerie la lumière et les couleurs de son Algérie natale.

Les Possédés


Camus n'en reste pas moins prêt à se remettre en question : la récompense du Nobel lui sert aussi à financer son ambitieuse adaptation théâtrale des Possédés de Fiodor Dostoïevski, dont il est également le metteur en scène. Représentée, à partir de date-|janvier 1959, au théâtre Antoine, la pièce est un succès critique et un tour de force artistique et technique : trente-trois acteurs, quatre heures de spectacle, sept décors, vingt-quatre tableaux. Les murs se déplacent pour changer la taille de chaque lieu et une énorme plaque centrale tournante permet de rapides changements à vue des décors. C'est au peintre et décorateur de cinéma Mayo, qui a déjà illustré plusieurs de ses ouvrages (L'Étranger - éd. de 1948), que Camus confie la création de ces multiples et complexes décors.

Vie privée


Il épouse en premier mariage Simone Hié en 1934 puis, en 1940, en secondes noces, Francine Faure (1914-1979), mère de ses jumeaux, Catherine et Jean nés en 1945. Selon sa fille, Catherine Camus :

"Je sais seulement qu'elle [Francine Faure] l'a toujours aimé. Et lui [Albert Camus], je pense, aussi. Il y a eu d'autres femmes, et d'autres amours. Mais il ne l'a jamais laissée. […]
Elle, elle m'a dit qu'ils s'étaient toujours aimés, et que cela n'avait jamais été médiocre.}}
Il a plusieurs liaisons amoureuses, notamment avec Maria Casarès (1922-1996), liaison qui, du fait de son caractère public, aggrava la dépression de Francine ; avec une jeune étudiante américaine, Patricia Blake (1925-2010), rencontrée à New York en 1946 ; avec la comédienne Catherine Sellers (1926-2014), choisie pour interpréter une religieuse dans sa pièce Requiem pour une nonne ; avec Mi (Mette Ivers née en 1933), une jeune Danoise, artiste peintre, rencontrée en 1957 à la terrasse du Flore alors qu'il se trouvait en compagnie d'Albert Cossery et de Pierre Bénichou.

Mort



Albert Camus fête le jour de l'an de 1960 dans sa maison de Lourmarin avec sa famille et ses amis, Janine et Michel Gallimard, neveu de l'éditeur Gaston Gallimard, et leur fille Anne. Le date-"

, son épouse Francine et ses deux enfants repartent pour Paris par le train. Camus, qui devait rentrer avec eux, décide finalement de rester et de rentrer avec ce couple d'amis venus en voiture, une puissante et luxueuse Facel Vega (type FV3B). Après avoir fait une halte dans un hôtel pour la nuit à Thoissey, ils repartent le {{date-|4 janvier|| au matin et empruntent la Nationale 6 (trajet de Lyon à Sens) puis la Nationale 5 (trajet de Sens à Paris). Michel Gallimard conduit et Albert Camus se trouve sur le siège passager avant de la voiture, tandis que Janine et Anne sont à l'arrière. Peu après Pont-sur-Yonne, au lieu-dit Le Petit-Villeblevin, dans l’Yonne la voiture roule à très vive allure, dérape sur un sol mouillé, quitte la route et percute un premier platane, puis se disloque contre un second, parmi la rangée qui la borde. Des morceaux de la voiture sont éparpillés sur des dizaines de mètres. La vitesse étant libre à l'époque, les journaux évoquent une vitesse excessive, environ Unité|180|km/h, un malaise du conducteur avec perte de contrôle de la voiture, une crise d'épilepsie provoquée par le défilement très rapide des arbres bordant la route, ou plus vraisemblablement l'éclatement d'un pneu à grande vitesse (ce qui sera prouvé après expertise).
Albert Camus meurt sur le coup. Michel Gallimard, très gravement blessé, mourra six jours plus tard à l'hôpital. Les deux femmes assises à l'arrière s'en sortent indemnes avec quelques bosses et égratignures, dans le Corriere della Sera, qu'il aurait été assassiné par le KGB sur ordre du ministre soviétique des affaires étrangères Dmitri Chepilov, Camus ayant reproché à cet homme, dans un article publié dans le journal Franc-Tireurs en date-|mars 1957, la répression de l'insurrection de Budapest. Cette hypothèse peu réaliste est aujourd'hui rejetée, excepté par l'écrivain Paul Auster.

Postérité


Depuis le date-|15 novembre 2000, les archives de l'auteur sont déposées à la bibliothèque Méjanes (Aix-en-Provence), dont le Centre de documentation Albert Camus assure la gestion et la valorisation.
Le date-|19 novembre 2009, le quotidien Le Monde affirme que le président Nicolas Sarkozy envisage de faire transférer les restes d'Albert Camus au Panthéon. Dès le lendemain, son fils, Jean Camus, s'oppose à ce transfert, jugeant celui-ci en contradiction avec la pensée de son père. Sa fille, Catherine Camus, s'y montre tout d'abord extrêmement favorable après un premier entretien avec Nicolas Sarkozy, puis se réfugie dans le silence après la polémique suscitée par cette affaire.